gagner_guerreC'est pour avoir un peu de lecture à Granville que j'ai investi dans deux ouvrages signés par Jean-Philippe Jaworski : Janua Vera et Gagner la Guerre se déroulent tous les deux dans l'univers du Vieux Royaume.

Le Vieux Royaume est un univers de fantasy "light", j'entends par là qu'il est fortement inspiré de notre Histoire et que la partie fantastique reste à la marge même si elle est loin d'être inexistante.

Janua Vera est un recueil de nouvelles qui permet au lecteur de découvrir le Vieux Royaume au fil des ages et des grands événéments qui l'ont marqué. Cet univers est efficace même s'il n'est pas forcément très original (on nous parle par exemple de la ruine d'un antique royaume tout puissant mis à bas par une horde de morts-vivants et d'orques). On notera une très grosse inspiration venue de la Renaissance et des cités états italiennes.

On retrouve cette ambiance si particulière dans une des nouvelles de Janua Vera mais surtout dans Gagner la Guerre qui est un bon gros roman mettant en scène Benvenuto Gesufal, un maître-assassin sans scrupule agissant pour le compte d'un homme politique encore plus pourri que lui.

Après avoir lu ces deux bouquins, j'ai un mot qui me vient à l'esprit : ciselé. Que cela soit une nouvelle de Janua Vera ou l'épais Gagner la Guerre, on sent que Jaworski s'appuie sur des recherches poussées. Son écriture efficace nous livre des tonnes de détails qui rendent le récit des plus crédibles. J'ai été particulièrement impressionné par le scénario de Gagner la Guerre qui nous plonge dans les complots de Ciudalia, la capitale de la plus grande puissance de l'époque. C'est totalement tordu mais toujours complètement crédible.

Le personnage de Benvenuto Gesufal est également assez riche. Clairement ce n'est pas un type bien, et j'entends par là que ce n'est pas un mauvais garçon avec un bon fond, et c'est assez raffraîchissant. On suit ses aventures avec beaucoup d'intérêt d'autant que son récit est haut en couleurs. On souffre avec lui (et bon sang ce qu'il peut s'en prendre plein la figure le malheureux) et on se demande bien comment il va pouvoir se sortir des griffes de son patron.

On reste cependant un poil frustré à la fin du roman car finalement il ne dévoile pas grand chose de l'univers général en dehors de Ciudalia. On aurait aimé en effet en savoir plus sur les pistes esquissées dans Janua Vera et pas toujours exploitées dans Gagner la Guerre.  J'ai cru comprendre que d'autres nouvelles sont disponibles dans cet univers mais elles sont dispersées un peu partout.

Et si la fin du bouquin m'a fait beaucoup rire (je suis encore passé pour un fou dans le train), elle ne met pas du tout un point final aux aventures de Gesufal et j'aimerais vraiment pouvoir aller plus loin.

Bref j'ai beaucoup aimé mais j'en veux plus !