queen_gambit_01The Queen's Gambit de Scott Frank et Allan Scott avec Anya Taylor-Joy, Alexander Albrecht ou encore Steffen Mennekes.

En pleine Guerre froide, le parcours de huit à vingt-deux ans d'une jeune orpheline prodige des échecs, Beth Harmon. Tout en luttant contre une addiction, elle va tout mettre en place pour devenir la plus grande joueuse d’échecs du monde.

Parvenir à faire une série populaire autour des échecs, voilà un challenge particulièrement difficile ! Et il faut bien l'avouer, The Queen's Gambit est une vraie réussite. Je ne sais pas si le bouquin dont tout cela est tiré est aussi bien mais son adaptation au petit écran est vraiment excellente.

J'avoue ne pas y connaître grand chose au monde si particulier des échecs. Je n'ai pratiqué le jeu qu'à un niveau très, mais alors très, modeste et même si j'ai bien aimé y jouer j'imagine que l'univers des tournois de haut niveau (ou des tournois tout court) m'en aurait très vite détourné. Mais même si ma narration chérie est totalement absente de cette activité ludique, je garde un certain attachement au jeu et je garde précieusement la vieille édition en bois avec laquelle j'ai appris les règles.

queen_gambit_05Mais si les échecs tiennent une vraie place à part dans la série, c'est bien entendu le destin de la jeune Beth Harmon qui est au centre du récit. De sa jeunesse à l'orphélinat à sa percée aux échecs, on suit avec passion ses victoires et ses défaites (face à la drogue et à l'alcool en particulier).

Une bonne partie de la réussite de la série tient en son actrice principale : Anya Taylor-Joy campe une Beth Harmon particulièrement réussie avec un habile mélange de force et de fragilité. Elle est épaulée par une bonne brochette de seconds rôles (à l'exception notable de Thomas Sangster que je ne trouve absolument pas convaincant en champion US et mentor de Beth) et par une excellente reconstitution des années 60.

queen_gambit_06Attention aux spoilers pour la suite. Le seul gros bémol à cette série est sa conclusion, trop de "happy end" d'une part et trop scolaire d'autre part. J'aurais aimé que le récit prenne fin en pleine partie lorsque Beth parvient enfin à faire apparaître ses pièces sans avoir recours à la drogue. Après cela était-il vraiment nécessaire de représenter à l'écran sa victoire et toutes les scènes de félicitations qui au final n'apportent plus grand chose ?

On pourra également se demander si la façon dont est dépeinte la communauté des joueurs de haut niveau est bien réaliste. Au final Beth Harmon ne souffre que peu du machisme (qui devait pourtant faire rage à cette époque) et il y règne également un (trop ?) grand fair play. J'ai eu un peu de mal à y croire.

Malgré ces petites critiques qui le privent de 5 ludices, j'ai vraiment adoré ce voyage dans le temps et dans l'univers des échecs. Pour une fois qu'un tel jeu fait l'objet d'une série aussi réussie, il ne faut vraiment pas s'en priver !

D'un point de vue ludique, The Queen's Gambit invite à se remettre autour d'un échiquier. Comme beaucoup j'imagine, j'ai téléchargé une application dédiée mais je l'ai vite abandonnée. Je ne conçois une partie qu'en face à face avec des pièces qui résonnent contre un plateau en bois...

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